1944, LA BATAILLE DE CAEN

Publié le par Galaxien

La bataille de Caen, est un documentaire (0h47) de la série Héros de guerre, qui revient sur cet épisode de la Seconde Guerre mondiale en France pendant la période du débarquement de Normandie en 1944, le Jour J, lorsque les Alliés s'affrontent aux armées allemandes, des plages jusque dans les champs et les villages de Normandie, livrant une bataille acharnée pour prendre Caen afin de poursuivre vers Paris.

 

En 1944, si le débarquement n'est plus un secret pour personne, sa localisation est toujours incertaine. Les unités allemandes sont donc renforcées pour défendre les côtes normandes et la construction des fortifications est accélérée grâce à la contribution forcée des habitants. La répression s'abat sans pitié sur les réseaux de résistance de la région, de décembre 1943 à avril 1944, tous sont décapités.
Occupants et civils vivent dans l'attente de l'opération décisive même si l'impatience de ces derniers affronte des sentiments plus ambivalents, comme l'explique le préfet du Calvados dans son rapport du 6 mai 1944 : " On espère le débarquement tout en le redoutant, on le souhaite victorieux et décisif tout en faisant des vœux égoïstes pour qu'il ne se produise pas ici."


Caen devait tomber dès le 6 juin, du moins selon les prévisions de l'état-major Allié et les espoirs des habitants de la ville. Les plans soigneusement élaborés durant trois ans au sein du COSSAC et revus par Montgomery début 1944 avaient sélectionné pour lancer le débarquement un front de mer de 80 Km entre Ouistreham, à l'embouchure de l'Orne, et Varaville sur la côte est du Cotentin.
Protégée sur ses flancs par les troupes aéroportées, une solide tête de pont englobant Caen, Bayeux et Carentan devait être établie au soir du 6 juin, ainsi les Anglo-canadiens pourraient fixer à l'est la plus grande partie des blindés allemands autour de la capitale bas-normande, car il était évident que ceux-ci voudraient éviter que les assaillants ne s'ouvrent la route vers Paris. Cette tactique devrait permettre au groupe d'armée américain de procéder à un vaste mouvement d'encerclement par le sud et l'ouest et faire capituler les allemands en Normandie.


Clair pour les Anglo-saxons, le rôle charnière de Caen l'est tout autant pour leurs adversaires. Ils savent que tenir Caen ouvre la voie vers la Seine et vers Paris, à travers une vaste zone de plaines où pourront déferler les véhicules Alliés. Ils savent qu'un front aussi large leur sera impossible à défendre. C'est pourquoi ils dissimulent leurs Panzers au nord de la ville et y établissent de solides lignes de défense qui leur permettent de s'accrocher ici pendant six semaines, infligeant du même coup un véritable enfer aux civils dont beaucoup ont refusé de quitter leurs maisons.
En effet, au soir du 6 juin, la 3ème division britannique ralentie par la contre-attaque de la 21ème Panzer est bloquée devant le bois de Lébisey à trois kilomètres de Caen. Faute de pouvoir la prendre, Montgomery ne veut en aucun cas laisser la cité intacte à l'adversaire. Il ordonne de détruire les ponts sur l'Orne, la gare et ses abords, les principaux carrefours et les axes nord/sud traversant la ville, les centres de communication. Les renforts de la Wehrmacht perdront ainsi un temps précieux. Pour accéder au champ de bataille, ils contourneront la ville qui ne leur sera d'aucune utilité. Bien au contraire, sa défense sera coûteuse.
De terribles bombardements se succèdent. Dès le 7 juin, le centre ville n'est plus que ruines fumantes, les victimes se comptent par milliers. L'espoir d'être rapidement libérés s'amenuise au fil des heures, mais aucun n'imagine encore que le martyre va durer un mois et demi.


Le 6 juin à 13h30, le martyre de Caen commence. Beaucoup sont à table lorsque surgit le fracas des premières bombes. Le raid ne dure qu'une dizaine de minutes mais se révèle d'une violence inouïe. Le quartier Saint-Jean est touché, Vaucelles est également très éprouvé, la rue de Falaise bien sûr, mais aussi les ruelles autour de l'église. Cependant, c'est autour du Château que ce premier bombardement provoque les plus importants dégâts. De la rue de Geôle à Saint-Gilles, du Jardin des Plantes au boulevard des Alliés, ce n'est qu'un tapis de bombes, les maisons sont en ruines et le nombre des victimes incalculable.
Le choc est violent pour les habitants qui avaient reçu au cours de la matinée des nouvelles encourageantes. La plupart d'entre-eux ont été réveillés par le bruit de la canonnade vers deux heures du matin, persistante et d'une ampleur inégalée, tous ont compris que le débarquement venait de débuter. Quelques bombes sont lâchées vers 7h sur la gare mais à 9h on apprend que les anglais arrivent par la route de Ouistreham et qu'ils seront là dans l'après-midi. Puis, soudain, à la place des libérateurs tant attendus, ce sont leurs bombes que reçoivent les caennais.
Immédiatement, les secours s'affairent. Les membres de le Défense passive, aidés des équipes d'urgence, des équipes nationales et des sauveteurs bénévoles, tentent de dégager les victimes des décombres, d'apporter les premiers soins aux blessés. Les pompiers s'efforcent d'enrayer l'incendie, mais déjà, il est 16h30, d'autres vagues d'avions obscurcissent le ciel et pilonnent la ville, essentiellement sur le quartier Saint-Jean et plus à l'ouest autour du Vieux Saint-Etienne. Les flammes font des ravages. Puis, de nouveau au milieu de la nuit, à 2h40, des centaines de bombes sont lâchées sur la ville.


Dès le 7 juin, il ne reste presque plus rien des quartiers centraux entre la Prairie et le Port, entre la rue d'Auge et le Château. La lutte contre le feu est devenue trop inégale suite à la destruction de la caserne des pompiers, sous laquelle disparaissent 17 sapeurs. L'hôpital complémentaire de la Miséricorde touché de plein fouet est inutilisable, les blessées sont évacués vers le Bon-Sauveur et le lycée Malherbe. Epargné, le quartier Saint-Etienne devient le cœur de la ville, refuge des sinistrés, mais aussi rassemblement des autorités.
Des bombardements, moins violents et plus localisés, se succèdent pendant un mois. Prélude à la libération des deux rives de l'Orne, les 7 et 18 juillet, les bombardiers achèvent leur œuvre destructrice. Ainsi, deux jours avant la fin de la bataille, disparaît l'Université et son irremplaçable bibliothèque. Quand le cauchemar prend fin, les trois quart de la cité de Guillaume ont disparu. Le bilan humain est effrayant, 2.000 morts, sans compter les blessés...


Le 17 août 1944, le dernier obus tombe sur Caen. Lors du recensement de 1939, la ville abritait 61.000 habitants, elle n'en compte plus que 7.000 à la fin du mois de juillet 1944. Exode volontaire, évacuation forcée sans oublier les victimes des bombardements, on estime à plusieurs milliers les caennais disparus au cours de la bataille. Pourtant, dès que possible, la population revient, elle s'élève en septembre à 34.000 personnes.
Comment s'installer dans une ville détruite au deux-tiers ? 68 à 74 % des logements sont anéantis comme 45 % des commerces, le centre-ville n'existe plus. Malgré l'aide apportée par les Alliés qui en quelques jours tracent au bulldozer les grands axes de passage et jettent cinq ponts sur l'Orne dans l'après-midi du 19 juillet, la population s'installe dans l'urgence et le provisoire.
Si la liberté est retrouvée, aucune conséquence matérielle n'en est palpable, tout manque. L'eau, le gaz, l'électricité, le réseau d'égouts, les transports, le rationnement est plus dur que jamais. La mort rôde toujours au coin de la rue à cause des mines et des explosifs qui jonchent les décombres. D'ailleurs, des quartiers entiers sont interdits car dangereux et inhabitables, ils sont clos au moyen de fils barbelés.


Conservée par nécessité, la municipalité est dissoute début septembre par les représentants du Gouvernement provisoire. Le 11, une délégation spéciale menée par Yves Guillou la remplace et se concentre sur deux tâches prioritaires, c'est-à-dire, reloger et déblayer. Avant l'hiver qui se révélera très dur, il faut offrir un toit à chacun et débuter l'œuvre de reconstruction de la ville...
(caen.fr/CaenEte)



- Voir aussi :

LA BATAILLE DE NORMANDIE, le Jour J du 6 JUIN 1944

OPÉRATION OVERLORD : Le D-Day du débarquement en Normandie

SECONDE GUERRE MONDIALE - Liste des documentaires et reportages

APOCALYPSE - La série documentaire sur la Seconde Guerre mondiale


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