ASTEROÏDE 2008 TC3 : Collision imminente - Nuit des étoiles 2012

Publié le par Galaxien

Astéroïde 2008 TC3, est un documentaire scientifique (0h50) diffusé par Arte, qui revient sur cet événement astronomique exceptionnel car, pour la première fois, on a pu détecter un astéroïde dans l’espace jusqu'à ce qu’il se consume dans l’atmosphère terrestre, puis aller récupérer ses débris au sol.

 

Le 6 octobre 2008, l'astéroïde 2008 TC3 était détecté 20h avant sa collision avec la Terre. Les programmes de surveillance du ciel opérés par les astronomes du monde entier ont permis de suivre l'objet et de prévoir avec précision l'instant et l'endroit de sa chute, à une vitesse de 12,8 km/s, située dans le désert de Nubie Soudan.
Ces prédictions d’impact ont été confirmées par différents capteurs, dont une image du satellite Météosat 8 montrant un brillant éclair dans l’atmosphère, un écho d'infrason obtenu par un réseau d'écoute au Kenya, et un flash observé par l'équipage d'un avion de ligne de la compagnie KLM préalablement prévenu de l'imminence du passage de l'aérolithe.
Dans un article paru dans Nature, une équipe internationale comprenant des astronomes de la NASA et de l'Observatoire de Paris décrit la récupération des fragments de l'astéroïde et tente de faire le lien avec un corps parent plus massif. Cette récupération d'un corps extraterrestre sur le sol terrestre, préalablement repéré de façon formelle dans l'espace, est une première mondiale.


Malgré cet évènement exceptionnel, il n'est pas rare qu'un petit astéroïde de ce type tombe sur la Terre, mais la plupart du temps l'évènement reste inaperçu. Grâce à des programmes d'observation des météores, les scientifiques peuvent observer les dernières secondes de sa chute lorsqu'il est déjà dans l'atmosphère, créant une explosion équivalente à 1 ou 2 kilotonnes de TNT, et créant un flash très lumineux dans le ciel. La détermination de son origine est alors possible mais complexe. Le cas de 2008 TC3 est différent car il a été observé avant même sa chute.
Dans le même ordre d'idée, il est possible de déterminer l'origine astronomique des météorites trouvées sur Terre en examinant la façon dont ils réfléchissent la lumière et en les comparant aux astéroïdes observés dans les télescopes. Le cas de 2008 TC3 est unique car les données minéralogiques et astronomiques sont disponibles en même temps pour la première fois.


L'astéroïde en question faisait environ 4,1 mètres de diamètre, c'est-à-dire qu'il était suffisamment petit pour ne pas causer de dégât au sol. Il s'est désintégré haut dans l'atmosphère à 37 km d'altitude, trahissant sa nature fragile, ce qui laissait peu d'espoir de récupérer des fragments. Cependant, Peter Jenniskens du SETI Institute en Californie, et Muawia Shaddad, astronome à l'Université de Khartoum au Soudan, sont allés chasser les météorites dans le désert soudanais avec une équipe d'enseignant-chercheurs et des étudiants de l'Université de Khartoum. Plus de 600 fragments ont été retrouvés, pour un poids total de plusieurs kg.
Les scientifiques ont découvert des acides aminés, les briques de construction de la vie dans cette météorite 2008 TC3, ce que personne n'attendait compte tenu des températures élevées atteintes lors de l'explosion, d'environ 1000°C.


L'analyse de la roche a montré qu'il s'agit d'une uréilite atypique, jusqu'ici jamais observée dans les collections de météorites, et associés à des astéroïdes de type S, alors que 2008 TC3 est de type F. Sa fragilité et sa porosité ont surpris tous les scientifiques.
Les uréilites sont un type rare de météorite pierreuse qui a une composition minéralogique particulière, très différente de celle des autres météorites pierreuses. Ce type de météorite gris foncé ou brunâtre est nommé d'après le village de Novy Urey, république de Mordovie en Russie, où une météorite de ce type chuta le 4 septembre 1886.
Les travaux de J. Vaubaillon, de l'IMCCE à l'Observatoire de Paris, basés sur l'évolution orbitale de 2008 TC3, ont montré que ce corps pourrait être lié à un autre astéroïde de type F beaucoup plus gros, 1998 KU2, de 2,6 km de diamètre.
Certains groupes de météorites proviennent d'un seul objet, comme par exemple Mars, la Lune ou Vesta, mais le corps parent des uréilites n'a pas encore été découvert.


La détermination de la composition des roches extra-terrestres tombant sur Terre permet aux scientifiques de comprendre la formation du Système Solaire. De plus, la surveillance du ciel permet de prévoir la chute d'astéroïdes géocroiseurs, bien plus dangeureux et destructeurs.
Les petits objets comme 2008 TC3, de 4,1 mètres pour environ 80 tonnes tout de même, ne font guère de dégâts au sol, mais le risque de chute d'objet plus massif sur une zone habitée est pris au sérieux par les astronomes. Ce genre d'étude est un effort international dont l'Observatoire de Paris via l'IMCCE fait déjà partie.



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LA NUIT DES ETOILES - Les documentaires



- Voir aussi :

ASTEROÏDES : DE LA VIE A LA MORT - Nuit des étoiles

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