HOMMES ET DIEUX DES CAVERNES - Aux origines de l'art

Publié le par Galaxien

Hommes et dieux des cavernes, est un documentaire (0h52) qui s'intéresse à l'art pariétal des grottes ornées laissé par nos ancêtres préhistoriques sur les parois et dont, selon la théorie, les représentations pourraient-être des guides spirituels voire chamaniques chargés d'établir un lien avec l'au-delà, peut-être à l'origine des religions.

 

Les grottes ornées apparaissent lors de la dernière ère glaciaire. Dans le cadre de l'étude de l'art préhistorique, l'art pariétal désigne l'ensemble des œuvres d'art, au sens large, réalisées par l'homme sur des parois de grottes.
Marcelino Sanz de Sautuola, un gentilhomme espagnol, revenait de l’Exposition Universelle de Paris quand il décida d'explorer une grotte découverte sur son territoire par un chasseur. C'est dans la grotte d'Altamira qu'il découvrit l'art pariétal entre 1875 et 1879. Il publia ses conclusions et son hypothèse sur l'existence d'un art préhistorique dans un ouvrage en 1880.
La polémique qui s'ensuivit fit rage dans le milieu scientifique, dont certains rejetèrent catégoriquement les conclusions de Sautuola. Cette grotte fut alors considérée comme un faux par la majorité des savants jusqu'à la fin du XIXe siècle.
Suite aux découvertes d'autres grottes ornées, le préhistorien Émile Cartailhac publia l'article "Mea culpa d'un sceptique" en 1902, réhabilitant ainsi les travaux de l'archéologue espagnol. Cette polémique contribua à la reconnaissance scientifique de l'art pariétal paléolithique comme une forme d'art à part entière.


Les grottes ornées de Altamira, Lascaux, Chauvet, offrent les exemples les plus fameux de l'art préhistorique des grottes, ce qui prouve que l'homme du paléolithique maîtrisait le flocage et aussi qu'il fabriquait ses pinceaux en fibres végétales mâchées. Cependant, ces peintures rupestres gardent leur mystère, à savoir, pour qui et à quoi étaient-elles destinées...
L'image de l'homme préhistorique, longtemps considéré comme dénué de culture, a été totalement modifiée au XIXe siècle par la découverte du site d'Altamira, avec ses splendides peintures rupestres qui n'ont d'égales que celles de Lascaux, connues depuis 1940, et de la grotte Chauvet découverte en 1994. Ces peintures pariétales, dont certaines sont vieilles de près de 30 000 ans, ont d'emblée frappé par leur force d'expression.


En explorant le monde souterrain de la grotte Chauvet, de celles d'Altamira et de Lascaux, ce film s'interroge sur leur signification pour les hommes de la préhistoire. Longtemps, on a pensé que les représentations de chevaux, bisons ou mammouths servaient avant tout à invoquer le succès des chasseurs, dont dépendait étroitement la survie de l'espèce humaine, mais pourquoi trouve-t-on nombre de ces oeuvres, non pas à l'entrée des grottes, mais à l'intérieur de galeries parfois très longues ? Pourquoi les artistes se sont-ils aventurés dans ces labyrinthes ? Les peintures rupestres étaient-elles l'illustration de mythes ? Quelle était leur signification pour les hommes de la préhistoire ?
Jean Clottes, spécialiste de la question, remet en cause l'idée généralement admise selon laquelle les représentations de chevaux, bisons ou mammouths servaient à invoquer le succès des chasseurs. Les artistes préhistoriques ont peut-être joué un rôle plus important, celui de guides spirituels.


En effet, de nombreux spécialistes, dont Jean Clottes, se demandent si ces galeries servaient à l'initiation des jeunes de la tribu et si les artistes préhistoriques jouaient le rôle de guides spirituels, chargés d'établir le lien avec un monde de l'au-delà. Jean Clottes est un préhistorien français, spécialiste du Paléolithique supérieur et de l'art pariétal. Il a réalisé un important travail pour essayer de comprendre le cadre conceptuel des peintures rupestres, que l’on peut relier au chamanisme.
La parution du livre Les chamanes de la Préhistoire écrit en collaboration avec D. Lewis-Williams, lui permet d'avancer plusieurs arguments allant dans le sens de la reconnaissance d'une société paléolithique axée sur la pratique des rites chamaniques. L'ouvrage fut à la fois novateur et critiqué, amenant l'auteur à préciser ses vues en insistant sur le fait qu'il s'agit bien là d'une hypothèse scientifique étayée, et non d'affirmations non fondées.


Beaucoup de réponses manquent encore à la compréhension des messages venus des premiers temps, même si l'homme préhistorique est perçu autrement depuis les nouvelles découvertes.
Riche en révélations, ce documentaire sonde les motivations et les croyances de nos ancêtres inspirés. Au cœur des galeries, dans la pénombre totale, même partiellement décryptés, les rites du paléolithique sont déroutants. Les découvertes stupéfiantes faites depuis Altamira modifient considérablement notre vision de cette époque qui est, probablement, à l'origine des croyances, de l’art, de la religion, de la science et du savoir...



- Voir aussi :

LASCAUX - Le ciel des premiers hommes

LASCAUX, préhistoire de l'art

L'ODYSSEE DE L'ESPECE - La série documentaire

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