LE GUIDE PERVERS DU CINÉMA

Publié le par Galaxien

 
Le guide pervers du cinéma, est un documentaire (2h30), une enquête psychanalytique visant à décoder le langage caché du cinéma et ses effets sur le spectateur. Le philosophe et psychanaliste Slavoj Žižek se sert de films pour appuyer ses nombreuses remarques philosophiques. Dans The Pervert’s Guide to Cinema, il aborde différents thèmes à travers des films connus, qu’il approche avec le plus grand sérieux.  (V.O sous-titré Fr.)  Patientez ou cliquez sur "start vidéo" pour démarrer. Ppp P
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Le renomé philosophe et psychanaliste, Slavoj Žižek, annonce que nous sommes responsables de nos rêves. Une brillante démonstration en technicolor et effets spéciaux made in Hollywood, puisqu'il renverse nos idées préconçues sur la manipulation dont nous sommes à la fois les victimes et les auteurs.
Dans The Pervert's Guide to Cinema, son nom original, réalisé avec la cinéaste Sophie Fiennes qui psychanalyse la société au travers de films grand public, il trouve les intentions cachées derrière les images dont nous nous réjouissons, alimentons. Ces rêves, fabriqués sur mesures, façonnent nos convictions et nos pratiques collectives. Lacanien, il souligne la culpabilité dans l'incapacité à jouir suffisamment et, marxiste, il débusque l'hypocrisie cynique de la morale catholique.  Au travers des films, l'idéologie sous-jacente structure nos fantasmes en mutation.
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"Le problème n'est pas que notre désir soit ou non satisfait, le problème est de savoir quel est notre désir. Il n'y a rien de spontané ni de naturel dans les désirs humains. Nos désirs sont artificiels. On doit nous apprendre à désirer. Le cinéma est l'art ultime de la perversion. Il ne vous donne pas ce que vous désirez, il vous dit comment désirer", dit-il.  Ainsi commence The Pervert's Guide to Cinema.
Le psychanalyste se met en scène dans les décors des films qui alimentent son propos : Possessed, Matrix, Les oiseaux, Psychose, Vertigo, Duck Soup, L'exorciste, Alien, Le dictateur, Les lumières de la ville, Mulholland Drive, Blue Velvet, Lost Highway, Dead of Night, La conversation, Solaris, Eyes Wide Shut, La leçon de piano, Dogville, Le magicien d'Oz, Frankenstein, Star Wars, etc., autant d'extraits commentés avec la véhémence qui le caractérise, humour et brutalité, pour un feu d'artifice de révélations sur l'inconscient de l'humanité.
Contrairement aux citations qui en général affaiblissent les films qui les hébergent, ici les séquences livrent leur secret sous un éclairage nouveau et inattendu.
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Le capitalisme, dont les crises sont les garantes de sa permanence, est prêt à tout sacrifier pour défendre l'idée de nécessité sur nos vies, la nature, etc. Le Grand Autre, l'ordre secret des choses, tente de justifier les totalitarismes en déresponsabilisant chacun, soi-disant pour les besoins de l'Histoire. Žižek démontre qu'il n'existe pas de Grand Autre et que nous sommes seuls.
Différement de la perversion, l'hystérie est subversive parce qu'elle est l'expression du doute. Toutes les nouvelles inventions en découlent, mais nous préférons sauver les apparences en nous rendant complices de ce qui nous opprime. Chacun peut pourtant réagir subjectivement à sa manière face à l'objectivité apparente des faits. Nous pouvons choisir nos rêves en acceptant ceux que la consommation nous dicte, mais le premier pas vers la liberté n'est pas de transformer la réalité pour qu'elle coïncide avec nos rêves, il s'agit de rêver autrement. On ne peut rien attendre de l'avenir. Tout dépend de notre volonté…
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Le moi, le surmoi et le ça, cohabitent chacun sur un des niveaux de la maison de Norman Bates. La réalisation du désir s'appelle cauchemar. Ainsi, le cinéma nous aiderait à comprendre la réalité à laquelle nous ne sommes pas prêts à nous confronter. Plus réelles que notre réalité, Slavoj Žižek propose de regarder les fictions cinématographiques. Pendant 2h30, il nous plonge dans cet univers fantasmagorique dont il recrée les décors et la lumière pour s'y fondre lui-même, et nous tient en éveil sous un tourbillon analytique vertigineux, absolument indispensable à tout cinéphile.
Son humour caustique est vivifiant, et son esprit de contradiction nous permet d'envisager une porte de sortie hors de ce qui semble immuable.
(Jean-Jacques Birgé)
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Merci à l'excellent site OpenYourEyes de m'avoir suggéré ce documentaire, que je vous partage.
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- Voir aussi :
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Commenter cet article

Ralphy 01/05/2014 00:27

Merci de proposer cette vidéo ,c'est impressionnant ce qu'on peut apprendre sur l'influence du cinéma!!
Très bonne continuation galaxien. Très intéressant votre site....

Galaxien 01/05/2014 01:21



Bonjour Ralphy, et merci à vous !