1984 - GEORGE ORWELL

Publié le par Galaxien

 

1984, est un film culte (1h45), d'après le célèbre roman de George Orwell, qui décrit de manière visionnaire notre société et ses dérives en tout genre. A travers la figure inquiétante de Big Brother, devenu le symbole de l'oppression, le roman et le film dénoncent la tyrannie des grands systèmes politiques qui ont marqué l'Histoire contemporaine, du régime totalitaire, de la société de surveillance, ainsi que de la réduction des libertés.

 

 

 

George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair, est un écrivain anglais né le 25 juin 1903 à Motihari en Inde et mort le 21 janvier 1950 à Londres.

Témoin de son époque, G. Orwell est dans les années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux œuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale, La ferme des animaux, et 1984 paru en 1948, roman dans lequel il crée le concept de Big Brother, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance.

L'adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par l'écrivain anglais.

 

1984, du réalisateur Michael Radford, avec John Hurt, Richard Burton et Suzanna Hamilton, est l'adaptation du roman de George Orwell. Malgré le fait que la production soit tournée cette même année, il faut replacer le film dans son contexte de création, en 1948. Le monde est ainsi divisé en trois parties, suite aux guerres nucléaires : « Oceania », « Eurasia », et « Estasia ».

L’histoire se passe à Londres dans le régime de l’Oceania, qui est en guerre perpétuelle avec ses homologues. La figure de Big Brother, chef du Parti, s’étale partout. Son visage arbore une petite moustache, avec un regard qui se veut rassurant et sévère à la fois. Le régime totalitaire surveille la population grâce aux télécrans que chacun regarde, et qui peuvent apostropher et réprimer les passants. Le peuple de l’Oceania est divisé en trois catégories : Les membres du Parti intérieur qui constituent l’élite, ceux du Parti extérieur qui sont les travailleurs du régime, et enfin les prolétaires qui représentent 85% de la population et sont considérés comme des animaux. De nombreuses manifestations de haine collective sont organisées par le Parti, notamment contre Goldstein qui nie la figure de Big Brother et l’existence d’une guerre.

Ce régime de l’Angsoc, ou socialisme anglais, crée une nouvelle langue qui se veut de plus en plus simplificatrice, soumise à une politique de réduction du vocabulaire, le Novlangue. Cette dernière caractéristique est à rattacher à l’action principale du régime, réprimer et éliminer le crime de la pensée, le but du régime étant de pouvoir arrêter ces criminels avant même qu’ils aient conscience de leur acte de ne plus croire au Parti.

 

Winston Smith (John Hurt) est membre du Parti extérieur, et employé du Ministère de la Vérité. Son travail consiste à remanier les archives, notamment journalistiques, pour les faire correspondre avec la version officielle du Parti. Ainsi l’Oceania déclare la guerre à l’Estasia, alors que peu de temps auparavant, ils étaient en paix. Il doit effacer les traces d’écrits contraires. Cependant, Winston n’est pas un travailleur comme les autres, il émet plus de doutes que les autres sur le Parti, il cache des notes qu’il prend dans un journal, où il essaie de saisir toutes les incohérences du régime.

Pendant la pratique des Deux Minutes de la Haine, Winston croise le regard d’une jeune femme, Julia (Suzanna Hamilton). Il émet des doutes sur sa personne, et pense qu’elle est une espionne de la Police de la Pensée. Ils auront par la suite une relation amoureuse cachée, lorsqu’elle lui avouera les sentiments qu’elle éprouve à son égard. Leur relation se concrétise dans un appartement insalubre loué à un prolétaire, mais ils sont conscients de leurs écarts de conduite. En effet, le Parti interdit cette forme de sexualité débridée, et de sensualité. Le seul amour qu’ils doivent porter, c’est à la figure de Big Brother. Leur amour clandestin pousse Winston à se rapprocher de O’Brien (Richard Burton), personnage charismatique du Parti intérieur, qu’il croit appartenir à la résistance. Ce dernier lui fournit le dernier dictionnaire Novlangue, qui se révèle être Le Livre de Goldstein.

Winston et Julia sont finalement démasqués par un télécran caché derrière un tableau de l’appartement où ils avaient l’habitude de se rencontrer. Ils sont arrêtés, et Winston est torturé par O’Brien lui-même, qui traquait en réalité les criminels par la pensée. On lui apprend que son crime avait été diagnostiqué depuis des années. Les supplices physiques durent des jours, auxquels sont ajoutés une remise à plat de sa morale, le but étant qu’il ne croit plus en rien pour pouvoir germer la pensée de l’Angsoc dans son esprit. Il ressort vidé de cette épreuve, et glorifie de nouveau Big Brother. Il sera probablement tué comme tous les criminels par la pensée après leur peine et leur lavage de cerveau.

 

De manière analogue aux régimes totalitaires ayant existé dans notre histoire, l’Angsoc va combattre l’égoïsme et l’égocentrisme de l’individu, et porter la puissance de l’Etat à un niveau jamais égalé. L’Etat doit pouvoir affirmer sa supériorité sur l’individu, et le mot totalitarisme trouvant sa justification dans le fait qu’il renvoie indifféremment à l’idée de la supériorité absolue du tout, de la totalité, ou à l’extension de son pouvoir qui doit pouvoir englober la totalité des sphères d’action de l’individu. Le concept d’individualité tend alors à se dissoudre dans le régime.

G. Orwell, et M. Radford par son adaptation, se posent la question du contrôle de l’information et de la propagande. Il en découle le contrôle social poussé à l’extrême et une imposition de la réalité. Chaque membre du parti n’a plus aucune intimité, la sphère privée n’a ni la possibilité, ni le droit d’exister. Les droits de la personne tels que nous les connaissons dans nos sociétés occidentales ne sont pas envisageables ici. L’Etre dans sa globalité est nié, on parle de vaporiser quelqu’un lorsque l’on élimine un opposant. Les scènes de torture, et l’élimination des dissidents, nous rappellent une affirmation attribuée à Karl Marx : « L’histoire ne se répète pas, elle bégaie ». G. Orwell reprend à merveille ce concept de bégaiement pour réutiliser les actes d’atrocité dont l’Homme a été capable au cours de son histoire, et anticiper au mieux le totalitarisme de1984.

C’est une dictature absolue comme les hommes en ont déjà crée, celle de la philosophie de l’Angsoc, avec un parti tout puissant, et représentée par la figure de Big Brother. De plus, l’Oceania n’est pas le seul Etat totalitaire de cette dystopie. L’Eurasia et l’Estasia font aussi partie de ce type de régime, en contrôlant leur population. C’est bien une vision des plus pessimistes que G. Orwell a signé en 1948, un monde entièrement rongé par ses démons totalitaires...

 

Deux romans d’anticipation, 1984de George Orwell etLe Meilleur des mondesd’Aldous Huxley, ont nourri les pires cauchemars des possibles dérives de la démocratie. Ils présentent chacun deux conceptions du contrôle des masses, le premier par la privation, le second par l’abondance.

Respectivement écrits en 1948 et 1931, ces deux ouvrages semblent avoir fait des émules, et ces cauchemars sont devenus réalité.

Aussi, depuis que récemment, Edward Snowden, un ancien employé de la NSA, a révélé l’existence de deux programmes secrets de surveillance électronique autorisés par les gouvernements Bush et Obama visant à collecter les données, et téléphonique et Internet, de particuliers et d'entreprises aux Etats Unis et en Europe principalement, 1984 de George Orwell est redevenu un succès de librairie...

 

 

 

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