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Les Chevaliers Teutoniques, est un documentaire (0h52) qui allie reconstitutions et évocation historique pour retracer les grands moments de l'histoire de
ces chevaliers à la croix noire au cours du Moyen-âge.
C’est sans doute le plus méconnu des grands ordres militaires nés en Terre sainte. L’ordre des chevaliers Teutoniques a eu une destinée étonnante, passant de la
protection des pèlerins à la création d’un État conquérant.
C’est d’un simple hôpital créé vers 1128 par des pèlerins allemands, que l’ordre des chevaliers Teutoniques de l’Hôpital Sainte-Marie de Jérusalem tire son nom.
Restructurée de par la volonté de Frédéric de Souabe qui dirige le corps expéditionnaire allemand à Saint-Jean d’Acre en 1190, cette organisation, à l’origine purement hospitalière, devient un
ordre militaire et hospitalier. La bénédiction du pape Célestin III l’élève au même rang que les deux ordres militaires de Palestine, les Templiers et les Hospitaliers. C’est d’ailleurs à ces
deux ordres que les chevaliers Teutoniques vont emprunter la majorité de leurs règles.
Moines chevaliers, comme eux, ils sont soumis aux règles de tous les ordres religieux et se dotent d’un grand-maître, élu à vie. Il y a une différence cependant
car, alors qu’Hospitaliers et Templiers accueillent la noblesse de toute l’Europe, l’ordre des chevaliers Teutoniques n’est ouvert qu’aux seuls allemands. Une particularité nationale qui explique
peut-être que l’ordre semble totalement indépendant de Rome et du pape, n’obéissant qu’au bon vouloir du grand-maître ou, éventuellement, de l’empereur germanique. Une indépendance vis-à-vis du
spirituel qui explique aussi que, très rapidement, l’ordre soit détourné, voire dévoyé, de sa mission initiale.
En effet, à peine treize ans après la création de leur ordre, les chevaliers au blanc manteau frappé d’une croix noire vont être détournés pour la première fois de
la Terre sainte. En 1211, ils fondent la cité fortifiée de Kronstadt en Transylvanie, mais ce n’est qu’un premier et un petit pas hors de la Terre sainte. Par la suite, les choses vont aller fort
vite et, en 1230, après que le duc Conrad de Mazovie ait demandé l’assistance des chevaliers afin de convertir les peuples des rives de la Baltique, les chevaliers Teutoniques se voient offrir la
région de Kulm qu’ils investissent.
Frédéric II de Hohenstaufen ayant octroyé à l’ordre tous les privilèges des princes de l’Empire, le grand-maître de l’époque, Herman von Salza, redéfinit clairement
la nouvelle mission des chevaliers qui sont appelés, désormais, à la conversion des peuples baltes et à la colonisation des marchés de l’Est. Dès ce moment là, l’ordre des chevaliers Teutoniques
n’a plus guère de rapport avec le spirituel, entièrement tourné qu’il est dans cette conquête temporelle. Une conquête temporelle qui se fera au prix du sang…
Puissance militaire semblait-il inattaquable, l’ordre Teutonique poursuivit ses conquêtes.
En 1410, Ladislas II Jagellon inflige une écrasante défaite aux Teutoniques avec pas moins de 15 000 chevaliers qui périront à la bataille de Tannenberg. Un coup
cinglant et sanglant qui annonce la fin de l’expansion de l’ordre et le début de sa fin.
Menacé de l’intérieur où des dissensions se font jour entre les cités et avec la noblesse locale, l’ordre l’est également à l’extérieur par une coalition de
Lituaniens et de Polonais.
La fin paraît dès lors inéluctable, et c’est de l’intérieur que viendra le coup fatal quand en 1525, Albert de Brandebourg, grand-maître depuis 1511, adhère à la
réforme et sécularise l’ordre, transformant la Prusse en duché héréditaire. La plupart des chevaliers le suivent et peu nombreux sont ceux qui se regroupent, à Mergentheim, en Allemagne, sous
l’autorité du Deutschmeister promu par Charles Quint, nouveau grand-maître. Mais l’empereur a beau faire, l’ordre est mort, les chevaliers au blanc manteau frappée d’une croix noire se sont
perdus.
Voir aussi :
LE SECRET DES TEMPLIERS - Les chevaliers de l'Ordre
LE
MANUSCRIT SECRET DU MOYEN-ÂGE - Hans Talhoffer 1459
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