LES GRANDS FONDS MARINS A LA LUMIERE DE LA SCIENCE

Publié le par Galaxien

Les grands fonds à la lumière de la science, est un documentaire (0h43) diffusé par Arte qui s'intéresse aux recherches scientifiques concernant l'exploration des abysses océaniques, de sa géologie et de sa faune variée.

 

Le terme abysse désigne l'ensemble des zones d'un océan situées en dessous de la thermocline, à partir de 200 mètres ou plus. Comme les caractéristiques environnementales sont partout les mêmes, on parle toujours des abysses au pluriel, du grec ábyssos signifiant sans fond, car dans les temps anciens, on croyait que l'océan était sans fond.
Aussi appelés grands fonds océaniques ou grandes profondeurs, les abysses occupent les deux tiers de la Terre et représentent le plus grand habitat de la planète.


À 150 mètres de profondeur dans les océans, 99 % de la lumière solaire a été absorbée, puis, au-delà de mille mètres, la nuit est complète, le froid intense et les pressions colossales. Longtemps on y pensa toute vie impossible, pourtant les premiers bathyscaphes y découvrirent, dans les années 1970, un foisonnement de vie au sein d'écosystèmes inconnus, à proximité d'importantes ressources minérales. Aujourd'hui, certaines sources hydrothermales profondes, comme les fumeurs noirs, sont associées à une des principales hypothèses quant à l'origine de la vie sur Terre.
Les abysses restent néanmoins très mal connus et n'ont été étudiées qu'au cours des 40 dernières années. A l’heure actuelle, 95 % des abysses restent inexplorés, les grands fonds sont cartographiés avec bien moins de précision que la Lune et davantage d’hommes sont allés dans l’espace qu'au plus profond des océans.


La faune abyssale désigne généralement l'ensemble des espèces vivant à partir de 200 mètres de profondeur et au-delà. À ces profondeurs, les caractéristiques de l'environnement sont très difficiles, la pression de l'eau est très élevée, la température est très basse et quasi constante, sauf à proximité des cheminées hydrothermales où elle est au contraire très haute, l'oxygène est disponible qu'en quantité très limitée, la nourriture est très rare et, surtout, la lumière venant du Soleil ne pénètre pratiquement plus. C'est la zone dite aphotique, elle-même divisée en zones nommées, mésale, de 200 à 1000 m, bathyale, de 1000 à 4000 m, abyssale, de 4000 à 6000 m, et hadale, de plus de 6000 m.
La photosynthèse y étant difficile, voire impossible à partir d'environ 1 000 m, les végétaux ne peuvent s'y développer. Cet environnement est donc seulement occupé par des animaux et certains micro-organismes non végétaux comme les protistes, bactéries, archées, virus, etc.


Les biochimistes ont depuis longtemps démontré que la vie peut s’accommoder de diverses sources d’énergie. La lumière est à la base de la photosynthèse, mais le méthane, les sulfides, le pétrole etc. sont également des sources d’énergie. Là où manque la lumière, les êtres vivants dépendent de l’énergie chimique, la chimiosynthèse. Les bouches hydrothermales, les suintements froids et les bouches de méthane sont bien des écosystèmes qui fonctionnent à l’énergie chimique. Les bouches hydrothermales sont l’habitat de communautés capables de supporter des températures extrêmement élevées qui peuvent atteindre, à la source, 400°C et dans les eaux voisines à 120°C ou plus, ainsi que des taux extrêmes de toxicité et de pression. Souvent habitée par une vie microbienne bien développée, à cette profondeur, des palourdes, des vers, des crabes et autres macro-organismes se nourrissent de ces communautés qui forment le premier maillon de la chaîne alimentaire.
La vie dans les eaux obscures peut aussi être tributaire des substances organiques, mortes ou vivantes, qui tombent au fond de l’océan.


L'exploration des abysses étudie les propriétés physiques, chimiques, biologiques et les conditions dans les abysses, à des fins scientifiques ou commerciales. À partir de la zone mésopélagique, les pressions sont trop grandes pour les méthodes traditionnelles d'exploration. Les stations caméra, de petits submersibles habités et des ROV, véhicules actionnés à distance, sont trois méthodes utilisées pour explorer les profondeurs de l'océan. En raison de la difficulté et le coût de l'exploration de cette zone, les connaissances actuelles sont très limitées. La pression augmente d'environ une atmosphère tous les 10 mètres, ce qui signifie que certaines zones peuvent atteindre des pressions de plus de 1000 atmosphères.
La pression rend non seulement les grandes profondeurs très difficiles à atteindre sans aide mécanique, mais elle rend aussi l'étude des organismes adaptés à ces pressions énormes difficile. En effet, les organismes ramenés à la surface pour y être étudiés sont rapidement tués par la faible pression atmosphérique.



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