SECRETS DE PLANTES : L'ORTIE

Publié le par Galaxien

L'ortie, vers un jardin sauvage, est un documentaire (0h52) de la série Secrets de Plantes, sur les vertus médicinales, cosmétiques, nutritionnelles que possède l'ortie, et comme fertilisant dans l'intérêt d'une agriculture biologique naturelle, qui doit faire face à la puissance de l’agrochimie.

 

L’ortie, phobie des jardiniers, est considérée comme une mauvaise herbe, envahissante et coriace, mais connaissez-vous ses multiples vertus ? Ses applications médicinales, cosmétiques, écologiques et nutritionnelles sont nombreuses, et elle gagne à être redécouverte. Sous forme d’extrait fermenté, elle enrichit le sol et fortifie les cultures.
Comme inquiets de son succès, les pouvoirs publics décident d’encadrer l’usage du purin d’ortie, législation à l’appui. Se déclenche alors une véritable guerre de l’ortie, lutte emblématique contre la marchandisation du vivant. Devenue un symbole de liberté, de défiance face aux lobbies de l’agrochimie, l’ortie interroge notre rapport à la nature sauvage, et nous invite à une relation harmonieuse à la biodiversité.


Ses tiges et ses feuilles couvertes de dards libèrent au moindre contact avec la peau un cocktail urticant dont un dixième de milligramme suffit à provoquer cloque et irritation. Et ce n'est rien, nous signifie le botaniste Francis Hallé, penché sur les herbiers du Muséum d'histoire naturelle, à côté de sa grande cousine de Nouvelle-Hollande, Laportea gigas, une géante de quarante mètres...
Pourtant, s'il ne devait rester qu'une plante sur Terre, l'émissaire des plantes sauvages François Couplan, choisirait sans hésiter Urtica dioica. Bourrée de protéines, vitamines C et B, calcium, fer, magnésium etc., délicate en soupe, fortifiante en extrait fermenté, elle nourrit son homme, renforce les défenses immunitaires des plantes et fait fuir les insectes. Le paysagiste Bernard Bertrand lui a consacré une grande partie de sa vie, Alain Baraton, grand chambellan des jardins de Versailles, vante sa vitalité subversive, et le paysagiste buissonnier Gilles Clément, l'élit reine du jardin de Melle...


Comment, alors, cette petite sauvage aux si grandes vertus a-t-elle pu s'attirer les foudres de la réglementation française ? Retraçant les grandes lignes de la bataille du purin d'ortie, le documentaire nous offre, par le jeu d'un montage qui souligne l'absurdité du débat, une réjouissante partie de ping-pong entre le représentant du Conseil national de l'alimentation, tenant de l'interdiction du purin maison, et les défenseurs de cet engrais antique naturel, coupables d'échapper aux marchés de la phytopharmaceutique et de l’agrochimie.
Le documentaire s'achève avant les derniers rebondissements de l'affaire. Mais ce n'est pas l'arrêté d'avril 2011, n'autorisant qu'une version dénaturée de l'extrait fermenté, qui tarira l'élixir devenu hors la loi...
(Catherine Cabot)
 

L’ortie est appréciée depuis la Grèce antique et en Inde ancienne, en médecine etc. Son utilisation thérapeutique et alimentaire s’est prolongée en Europe jusqu’au Moyen-Âge, puis à la Renaissance. Ensuite, en France, elle est peu à peu tombée dans l’oubli, et seuls les pays scandinaves et la Russie ont continué à la cultiver. On la redécouvre aujourd’hui avec plaisir, dans l'intérêt de l’écosystème et de la biodiversité.
Scientifiques, agriculteurs, paysagistes, ethnologues, nous font redécouvrir l’ortie depuis les versants pyrénéens, jusqu’aux forêts pluviales australiennes, en passant par les allées du Château de Versailles, ou encore les laboratoires du Kew Garden de Londres.



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