CAPITALISME : La série en six épisodes

Publié le par Galaxien

CAPITALISME : La série en six épisodes

Capitalisme, est une série documentaire diffusée sur Arte qui revient en six épisodes sur l’histoire et les mécanismes du capitalisme. Elle démontre comment, au fil des siècles, les penseurs du capitalisme ont réussi à convaincre le grand public que celui-ci était le mode d'organisation naturel des sociétés. Repartant des origines, l'auteur démonte les idées et les théories, rappelant combien ces principes parfois discutables ou faux pèsent sur notre vie.

 

En six épisodes d'une heure, en liens ci-dessous, la série nous conduit de l'Angleterre du XVIIIe à la Chine d'aujourd'hui, en passant par l'Allemagne ou l'Amérique des années 1930, sans oublier l'URSS et les tribus primitives du Pérou.
On y découvre la pensée d'Adam Smith, père de La main invisible des marchés, celle par laquelle l'économie s'autorégule, selon les libéraux. On participe à la controverse qui a opposé Keynes pour qui l'Etat doit dépenser plus pour sortir l'économie de la crise, et Hayek, pour qui on ne sort d'une crise qu'en faisant davantage de réformes qui améliorent le fonctionnement du marché.

D’où vient le capitalisme ? D’une évolution naturelle de nos sociétés ou de théories élaborées au fil des changements politiques et technologiques ? Le réalisateur Ilan Ziv, qui d'habitude plonge plutôt dans les sujets liés aux droits de l'homme, à la diaspora juive ou à l'histoire contemporaine, part d'un principe, que tous les repères sont brouillés.
Il nous invite à suivre des étudiants chinois en pèlerinage sur la trace des prophètes des temps modernes que sont devenus les économistes. Les uns se retrouvent à Kirkcaldy, en Ecosse, sur la sépulture d'Adam Smith, les autres dans le cimetière de Highgate, au nord de Londres, sur la tombe de Karl Marx...

Ilan Ziv revient à la question essentielle : Le capitalisme est-il l'organisation la plus naturelle des relations humaines ou une construction théorique qui peut se révéler dangereuse ? Pour y répondre, il remonte jusqu'aux physiocrates, comme le français François Quesnay, qui cherchaient à comprendre la circulation des flux économiques comme l'on étudiait celle du sang dans le corps humain.
Il convoque à l'écran des anthropologues pour évaluer la réalité d'"homo economicus", et il se laisse séduire par un économiste bien moins connu que Smith, Ricardo, Marx ou Keynes pour conclure sa série, l'Autrichien Karl Polanyi, pour qui il faut savoir remettre l'économie à sa juste place car les relations économiques ne doivent pas gouverner les relations sociales. Le pire des systèmes ?

Cela nous aide-t-il vraiment à comprendre tous les ressorts du capitalisme ? Peut-on se limiter pour cela aux penseurs et à l'histoire ? Ne devrait-on pas plutôt disséquer la création de richesse en partant de l'entreprise et de l'entrepreneur ? Les détracteurs d'Ilan Ziv vous conseilleront de regarder le biopic de Steve Jobs, fondateur d'Apple, ou de lire le livre de Jean Peyrelevade, "Histoire d'une névrose, La France et son économie". Ce dernier s'interroge longuement sur un mystère : Pourquoi l'enrichissement individuel est-il si mal vu chez nous et comment expliquer que nos Constitutions ignorent l'entreprise depuis deux siècles ?

Au final, Ilan Ziv ne vient pas vraiment à bout du célèbre adage selon lequel "le capitalisme est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres". Et il est fort probable que la fameuse petite phrase qui fit gagner la présidentielle de 1992 à Bill Clinton opposé à George Bush père, "It's the economy, stupid !", rythme encore beaucoup de campagnes électorales, comme on a vu avec la campagne présidentielle de François Hollande.
Mainmise du capitalisme financier sur la production, évolution des modèles économiques, blanchiment d’argent, alternatives à la croissance…, une enquête rigoureuse qui ne craint pas de renverser les vieilles idoles et de mettre à mal les idées reçues. Plus d’une vingtaine d’intervenants à la pointe de l’actualité économique nous éclairent pour ce voyage dans le monde de l’après-crise 2008, sur les traces des grands penseurs qui ont jalonné l’histoire du capitalisme.
(Arte TV)


- Proche du PS mais très critique sur la politique de François Hollande, Thomas Piketty, économiste aussi connu qu’une pop star aux États-Unis, celui que l’on surnomme Marx 2.0, dénonce un rythme du rendement du capital supérieur à celui  de la croissance, ce qui va conduire à une explosion des  inégalités.
Auteur du livre "Le capital au XXIe siècle" et intervenant dans la série Capitalisme, Thomas Piketty répond à quelques questions :

Pensez-vous que les économistes sont les nouveaux prophètes de nos sociétés ?
Thomas Piketty : Je me considère davantage comme un chercheur en sciences sociales que comme un économiste. Je pense que les frontières entre les différentes sciences sociales, économie, sociologie, histoire, science politique, anthropologie, etc., sont beaucoup plus floues que ce que l'on prétend. Si les chercheurs veulent être utiles à la société, à défaut d'être des prophètes, ils doivent surtout tenter de dépasser ces barrières artificielles.

Depuis plusieurs décennies, les décideurs ont érigé l’économie en science exacte. Quel est le futur de cette conception ?
Elle n'a aucun avenir. Si l'on veut faire quelques progrès en économie et dans les autres sciences sociales, il faut partir du principe que l'on part de très bas. Quant aux décideurs, ils sont, comme de juste, prêts à tout pour justifier leurs choix erronés en évoquant leurs supposées compétences. On en paie le prix en France aujourd'hui même.

Que pensez-vous qu’une série comme Capitalisme puisse apporter au débat public ?
Les questions économiques et financières, les questions de classes sociales et d'inégalités appartiennent à tout le monde. Elles sont au cœur du débat démocratique et une série comme Capitalisme peut permettre au plus grand nombre de se les approprier.

Pourquoi comparez-vous le monde d’aujourd’hui à celui de Marx ?
Il y a beaucoup de points communs entre la première mondialisation financière et commerciale, celle des années 1870-1914, et la période actuelle. Par exemple, il faut attendre le début du XXIe siècle pour retrouver la capitalisation boursière, exprimée en années de produit intérieur brut, que l'on observait déjà à la veille de la Première Guerre mondiale. Les économistes du XIXe siècle avaient un immense mérite, ils posaient souvent les bonnes questions, en interrogeant le monde social qui les entourait, et perdaient beaucoup moins de temps que leurs confrères d'aujourd'hui en d'inutiles complexités mathématiques.
(Propos recueillis par Sylvie Dauvillier)

 


- Les six épisodes de Capitalisme :

N°1 : Adam Smith, à l'origine du libre marché ?

N°2 : La richesse des nations

N°3 : Ricardo et Malthus, vous avez dit liberté ?

N°4 : Et si Marx avait raison ?

N°5 : Keynes - Hayek, un combat truqué ?

N°6 : Karl Polanyi, le facteur humain

 


- Voir aussi :

Société - Humanité : Liste des documentaires

Faits Divers - Tragédies : Liste des documentaires

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Théorie du Silence - Top Secret : Liste des documentaires

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