LES GARDIENS DE LA MÉMOIRE - BIG DATA

Publié le par Galaxien

Les gardiens de la mémoire, est un documentaire (0h51) qui enquête sur le monde numérique, les nuages informatiques, l’avenir de la mémoire de l’humanité, ainsi que la sécurité des données stockées et leurs protections à long terme. Les data centers conservent les données numériques présentes et utilisées en permanence dans notre quotidien, malgré le manque de fiabilité des supports. C'est un enjeu à la fois stratégique, économique et sociétal.

 

Aujourd'hui, nous sommes dans l’ère du tout numérique, des milliards d’informations de toutes natures sont, chaque jour, numérisées puis stockées. Photos, vidéos, mails, SMS, diplômes, dossiers médicaux, fiches de paie, comptes en banque, impôts, identités, réseaux sociaux… Ce serait le chaos si ces informations numériques disparaissaient. Avec le numérique, les traces de notre histoire sont dématérialisées, la mémoire devient alors illimitée. Nous sommes entrés dans l’ère du Big Data, et l'univers numérique devrait doubler tous les 2 ans.
Il faut donc développer des technologies capables de stocker toujours plus. L’ensemble des données semble détenu par de très grands groupes. Y a-t-il danger ? Quels sont ces supers ordinateurs connectés entre eux, et que renferme le "nuage" informatique ?  Facebook ou Twitter, sont autant de lieux d'échanges devenus communs où des données sont enregistrées. Notre mémoire y est-elle protégée et sécurisée, et à quel prix ?  L’Homme ne se trouve-t-il pas désormais au centre d’un business mondial dont il ne connaît pas les règles ? Où se stocke cette multitude d’informations numériques ? Ce documentaire pose la question de l’avenir de la mémoire de l’humanité, dans un monde toujours plus virtuel.

Pérenniser et sécuriser ces données, ces milliards de milliards de 1 et de 0, c'est un enjeu à la fois stratégique, économique et sociétal. Maîtriser l'information numérique, la mémoire de l'Homme, c'est maîtriser la société. Dans un gigantesque bâtiment abritant des serveurs sécurisé nommé data center, les ressources informatiques sont mutualisées sur des disques durs, processeurs, mémoire et serveurs. Un programme de virtualisation gère ensuite la répartition des ressources selon les besoins en temps réel des utilisateurs.
Où archiver les volumes croissants de données numériques alors que les supports fiables manquent ? C'est le défi des data centers qui ont conquis la planète, en Europe, aux Etats-Unis, mais aussi au fin fond de la Chine, de l'Inde ou de la Russie. Souvent, ils sont logées dans des lieux ultrasécurisés et très discrets, voire insolites, comme une ancienne chapelle à Barcelone, une mine de sel désaffectée aux Etats-Unis, un ancien abri antiatomique en Suède. Google projette même de loger une partie de son million de serveurs sur des barges flottant à proximité des côtes, mais dans bien d'autres data centers, les machines sont encore parquées dans des sous-sols ou dans des entrepôts, où les règles de sécurité et de confidentialité laissent à désirer. Combien y en a-t-il ? Impossible de le savoir avec précision, avec les millions de centres de stockage de données qui éclosent partout.

Au total, selon une étude menée par l'institut de recherche IDC avec le fabricant de serveurs EMC, la planète accumulait fin 2009 près de 800 milliards de gigaoctets de données numériques ! 70 % ont été générés et conservés par les particuliers, qui multiplient notamment les sauvegardes. C'est l'équivalent de la capacité de stockage d'une pile de DVD qui mesurerait deux fois la distance entre la Terre et la Lune. Vertigineux...
Et ce n'est que le début. La mémoire du monde se numérise à grande vitesse. La numérisation des bibliothèques et des archives papier s'accélère. En 2020, le volume de données à conserver atteindra 36.000 milliards de gigaoctets. La pile de DVD fera cette fois la moitié de la distance entre la Terre et Mars. "Rien n'a été prévu pour sauvegarder une telle masse d'informations", prévient Jean-Yves Pronier, le directeur du marketing d'EMC-France.

Le plus inquiétant, aujourd'hui, c'est le manque de fiabilité à long terme des supports d'enregistrement. Malgré les promesses des fabricants, "il n'existe pas encore de support numérique pérenne", s'alarment deux chercheurs, Erich Spitz et Franck Laloë, dans leur rapport Longévité de l'information numérique, réalisé conjointement par l'Académie des sciences et l'Académie des technologies. Les travaux de recherche menés par quelques start-up laissent toutefois augurer des progrès. La société grenobloise Arnano a par exemple mis au point une technologie microscopique à base de saphir qui revendique plus de mille ans de durée de vie. A vérifier tout de même...
En attendant, la méfiance est de rigueur. Pour preuve, les studios d'Hollywood reviennent désormais aux supports classiques comme la bande magnétique, l'un des plus fiables, pour archiver leurs films. Dans les grandes entreprises, les disques durs et les serveurs sont changés tous les trois à cinq ans. Les disques enregistrables, CD-R, DVD-R ou Blu-ray-R, peuvent dépérir au bout d'un an, parfois moins. Les meilleurs durent vingt ans. Une espérance de vie très variable d'une marque à l'autre et d'un disque à l'autre. Les clefs USB et les cartes SD ne devraient guère faire mieux.

Aussi, le New York Times a expliqué que le fonctionnement structurel de l’industrie de l’information est à l’opposé de l’image écologique qu’on en a. La plupart des data centers, de par la manière dont ils ont été conçus, consomment des quantités gigantesques d’énergie qu’ils gâchent de manière incroyable. Par exemple, certaines entreprises font tourner leur matériel au maximum de ses capacités jour et nuit, quelle que soit la demande. Du coup, certains data centers peuvent gaspiller jusqu’à 90 % de l’électricité consommée. Pour se protéger d’une panne d’électricité, les data centers s’en remettent à des groupes électrogènes qui fonctionnent au diesel, avec des émissions polluantes conséquentes.
Si on élargit au monde, les infrastructures numériques consomment à peu près 30 milliards de watts, l’équivalent de la production de 30 centrales nucléaires ! On estime que les data center situés sur le sol américain représentent entre un quart et un tiers de cette consommation. Un seul data center peut consommer plus d’énergie qu’une ville moyenne...

 

- Voir aussi :

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GOOGLE : LA MACHINE A PENSER

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