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Comme des bêtes !, est un documentaire (0h43) de la série La Force cachée des plantes, qui donne un aperçu de ce monde fascinant perpétuellement soucieux de
sa survie, et doué de mécanismes spécifiques prêts à réagir.
Dans ce premier épisode, des scientifiques et experts mettent à jour tous les talents et les mécanismes de défense qu'utilisent les plantes pour se protéger. Ils
enquêtent également sur les conséquences de l'intervention humaine sur les plantes et montrent comment les avancées technologiques pourraient changer l'avenir de l'agriculture.
De Bornéo au Mexique, en passant par les îles Baléares, le réalisateur Volker Arzt et le biologiste Immanuel Birmelin offrent des images stupéfiantes des
différentes stratégies mises en oeuvre par les plantes pour assurer leur survie et préserver leur bien-être.
Au Salon de l'agriculture 2011, l'INRA et ses partenaires ont sensibilisé les visiteurs sur la santé des animaux et des végétaux. Concernant ces derniers, les
unités mixtes INRA-CNRS-Université de Dijon et de Sophia-Antipolis ont présenté l'arsenal de réactions de défense mis en œuvre par les plantes contre leurs bioagresseurs.
Ceux-ci sont nombreux et très variés : Insectes, bactéries, virus, "champignons" ou encore oomycètes, nématodes, autres plantes...
Alors, comment se défendent les plantes ? Attaquées, les cellules végétales sont souvent capables de reconnaître l'agresseur grâce à des récepteurs qui identifient
les molécules produites par les parasites. Ensuite, la plante est capable d'utiliser plusieurs mécanismes d'autodéfense :
Première réaction : Le sacrifice cellulaire.
Une plante peut, immédiatement après l'attaque, sacrifier radicalement la partie infectée pour empêcher la prolifération de l'agresseur. C'est le cas avec des
lésions nécrotiques sur une feuille, par exemple, des symptômes bien visibles à l'œil nu. Dans ce cas, les cellules qui meurent enferment le parasite, qui ne peut plus se développer. Les autres
tissus de la plante ne sont pas touchés, la plante résiste et survit.
Elle est capable, ensuite, souvent, de régénérer les parties lésées. Certains gènes permettant ces réactions de résistance sont déjà connus, dont Mi chez la tomate
qui gère le sacrifice cellulaire. Mais ils sont encore trop peu nombreux à être identifiés, car ils sont rares (on balbutie encore). On les trouve souvent dans les plantes "sauvages". Cette
défense locale est radicale, mais puissante. On l'utilise depuis 40 ans dans les hybridations pour introduire le gène chez la tomate ; on l'étudie sur le piment, la rouille des grandes
cultures... Mais ces gènes étant souvent spécifiques, les ravageurs peuvent les contourner rapidement.
Seconde réaction : Les armes.
Généralement, les plantes produisent des molécules de défense pour renforcer la paroi de leur cellule (barrière anti-intrusion), ou encore des molécules toxiques
(qu'il est possible de qualifier d'antibiotiques). Elles synthétisent des protéines (enzymes) capables d'hydrolyser les agresseurs. On sait, depuis 30 ans, déclencher ces mécanismes et
"immuniser", ou plutôt stimuler les défenses naturelles avec des molécules biodégradables appelées SDN ou stimulateurs de défenses naturelles. On utilise un marqueur pour identifier les gènes à
l'origine de la résistance, ce qui permet de visualiser les résultats d'expérimentations en cultures in vitro.
Cette méthode n'est pas aussi efficace qu'un pesticide (60 % d'efficacité en moyenne pour les SDN, contre environ 95 % pour les pesticides), d'où une utilisation en
préventif. C'est une méthode intégrable dans les démarches de protection biologique intégrée, PBI. L'INRA poursuit l'étude de ces réactions de défense pour obtenir des variétés résistantes et
pour augmenter l'efficacité des SDN.
Troisième réaction : L'alerte.
Les cellules touchées à un endroit sont capables d'envoyer des messages à toutes les cellules de la plante qui met en place ses premières défenses, la rendant plus
résistante aux attaques ultérieures. Une plante peut aussi "prévenir" les autres végétaux alentour qu'une attaque d'agresseur à eu lieu, grâce à l'émission de molécules volatiles (gazeuses, dont
l'éthylène, ou le methylsalicylate). La nature de ces signaux ne sont pas encore connus, mais semblent très complexes. L'INRA recherche les molécules impliquées dans la transmission du signal
d'alerte.
(Michel Ponchet, chercheur à l'INRA de Sophia Antipolis)
Le deuxième épisode :
LA FORCE CACHÉE DES PLANTES : Championnes de la communication
.
- Voir aussi :
MICROCOSMOS, le peuple de l'herbe
L'INTELLIGENCE DANS LA NATURE - Enquêtes
Extraordinaires
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